Kojève et le droit public européen. État et citoyenneté en question

 

Kojève et le droit public européen. État et citoyenneté en question (Ciph/IISF, UFI), 2020

Rédigée en 1943, l’Esquisse d’une Phénoménologie du droit ne sera publiée qu’en 1981, avant la fin de la Guerre Froide et l’avènement d’un nouvel ordre mondial que l’ouvrage même semble avoir préconisé. Si, comme l’affirme Kojève, il est impossible de comprendre la réalité humaine sans se heurter au droit, l’Esquisse vise à faire de ce dernier une analyse phénoménologique s’attachant à passer au crible le droit tel qu’il apparaît empiriquement afin de saisir son essence par le biais de ses manifestations historiques (droit public, pénal, privé, administratif et international).

L’étude est par ailleurs l’occasion d’une confrontation à distance avec les théoriciens du droit les plus réputés à l’époque tels que Weber, Kelsen et Schmitt ainsi que Duguit, Hauriou et Capitant. De cette manière, Kojève parvient à articuler une systématisation exhaustive des phénomènes juridiques qui échappe aux classifications typiques de la philosophie du droit. Si la phénoménologie n’est pas un normativisme positiviste à la manière de Kelsen ou de Bobbio, elle distingue néanmoins entre droit et morale. Bien qu’elle mobilise un concept de justice, elle ne se rallie pas au jusnaturalisme et prend également le contrepied de l’institutionnalisme et du décisionnisme de Schmitt. En réalité, d’après l’Esquisse le droit n’est ni norme ni décision, ni volonté ni raison. Mais si le droit, pour Kojève, ne peut qu’être un phénomène social, sa conception ne saurait se réduire à la sociologie juridique de l’école wébérienne.

Le séminaire vise à revenir sur ce traité du droit dont l’intérêt, au-delà des considérations juridiques de nature plus techniques qu’il suscite, tient au fait d’aborder des nombreuses questions situées à l’intersection entre jurisprudence, philosophie du droit et théorie politique, qui demeurent actuelles. D’une part, l’Esquisse thématise de manière prévoyante l’écart entre le droit national et les institutions transnationales et le conflit entre unification juridique et souveraineté démocratique ; de l’autre, elle s’intéresse aux implications du droit dans la sphère économique, s’interroge sur la notion de justice sociale et questionne le destin de la politique à l’aune de la prolifération du juridique.

L’ouvrage de Kojève aborde alors des problématiques touchant à l’avenir du projet européen et des frontières, à l’affirmation des instances supranationales ainsi qu’aux défis sociétaux et multiculturels qui font aujourd’hui objet de débat. De telles problématiques dégagées dans l’Esquisse ont permis d’identifier six figures thématiques qui fourniront le point d’appui pour autant de « séances/dialogues » entre philosophes et juristes autour desquelles s’articulera ce deuxième cycle du séminaire entre février et juin 2020. Le séminaire sera organisé aussi en collaboration avec l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne et l’Istituto Italiano per gli Studi Filosofici (Naples) ainsi qu’en partenariat avec la plateforme Europe Kojève 2018(Bruxelles).

 

Lieu du séminaire 
Salle NoSoPhi, Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Centre Sorbonne

14, Rue Cujas

75005 Paris

Horaire

17h-19h

***

Programme

 

I séance (CIPh, Paris) –  25 février 2020

Droit International. État fédéral vs fédération d’États?

avec O. Beaud (Institut Michel Villey) et T. Storme (Université de Nantes)

SÉANCE ANNULÉE en soutien de la mobilisation en cours contre la reforme des retraites et la LPPR (et reportée à une date ultérieure)

 

II séance (CIPh, Paris) – 31 mars 2020

Droit Privé: De la société familiale à la société économique

avec R. Théry (Université Paris 2 Panthéon-Assas) et L. Bibard (ESSEC)

SÉANCE ANNULÉE en soutien de la mobilisation en cours contre la reforme des retraites et la LPPR (et reportée à une date ultérieure)

 

III séance (CIPh, Paris, avril 2020)

Justice. Le juge et le droit

avec. M. Palma (Università Suor Orsola Benincasa, Naples) et M. Filoni (auteur de “Le philosophe du dimanche.La vie et la pensée d’Alexandre Kojève”, Gallimard, 2010)

 

IV séance (CIPh, Paris) – 29 mai 2020

Administration. Technocratie comme fin de la politique ?

Avec M.L. Lanzillo (Università di Bologna) et A. Cahen (Parlement Européen)

 

V séance (CIPh, Paris) – 2 juin 2020

Citoyenneté. L’équité en tant que principe d’un droit universel

Avec G. Barberis (Università del Piemonte Orientale, Turin) et Philippe Portier (Université Paris 2 Panthéon-Assas)

 

VI séance (IISF, Naples, juin 2020)

Constitution. De la souveraineté nationale au nouvel ordre mondiale ?*

[Programme de la JE en cours de définition]

*Séance exceptionnelle qui se tiendra à l’Istituto Italiano per gli Studi filosofici de Naples en collaboration avec la Scuola di Filosofia Giuridica e Politica “Gerardo Marotta”.

 

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