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Séminaire CIPh (Paris)/IISF (Naples)

Pratiques extra-philosophiques de la philosophie.

Dialogues autour d’Alexandre Kojève

 

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Le séminaire prévoit sept séances  entre Paris (CIPh/ Paris  1 Panthéon -Sorbonne) et Naples (Istituto italiano per gli studi filosofici)

Calendrier des séances 2019

 

Auprès de l’Istituto italiano per gli studi filosofici des Naples

(Via Monte di Dio 14, Napoli)

 

29 janvier 2019 – 16h30

Nomos e spazi politici. Il dialogo tra Kojève e Schmitt

Carlo Altini, Prof. Histoire de la Philosophie – Università degli Studi di Modena e Reggio Emilia

Maria Laura Lanzillo, Prof. Histoire des doctrines politiques, Università di Bologna

Geminello Preterossi, Prof. Philosophie du droit, Università di Salerno

 

30 janvier 2019 – 10h30

Il desiderio dell’altro. Kojève e Lacan

Cristiana Cimino, Pyscanaliste et psychiatre

Luciano De Fiore, Prof. Histoire de la philosophie, Sapienza Università di Roma

Paolo Vinci, Prof. Philosophie pratique, Sapienza Università di Roma

 

30 janvier 2019 – 15h 30

Chi dipinge astrattamente? Kojève, Kandinsky e Bataille

Massimo Palma, Chercheur en Philosophie du droit,Università Suor Orsola Benincasa

Sabina Tortorella, Post-doc, Istituto italiano per gli studi filosofici, Naples

Claudio Zambianchi, Prof. Histoire de l’art contemporain, Sapienza Università di Roma

 

Auprès de Paris 1 Panthéon- Sorbonne (Salle Nosophi)

(Centre Sorbonne, escalier K, 2e étage, salle G 615 bis)

 

4 février 2019 – 17h

Philosophie et droit : Existe-t-il un nomos au-dela des frontières ?

Jean-François Kervégan, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Jean-Claude Monod, ENS/CNRS, Paris

 

29 mars 2019 – 17h

Philosophie et politique : Qu’est-ce que l’autorité?

Massimo Palma, Università Suor Orsola Benincasa, Naples

Hager Weslati, Kingston University, Londres

 

12 avril 2019 – 17h

Philosophie et économie : Vers un nouvel ordre européen ? 

Teresa Pullano, Université de Bâle

Elodie Djordjevic, Université Paris 2 Panthéon-Assas

 

17 mai 2019 – 17h

Philosophie et histoire: Quel rôle pour la philosophie à la fin de l’histoire?

Marco Filoni, docteur en philosophie auteur de Le philosophe du dimanche

Alexis Filippucci, Université de Liège

 

3 juin 2019 – 17h

Philosophie et science: Raison, paradigmes, systèmes

Frédéric Fruteau De Laclos, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Jamila Mascat, Utrecht University

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À l’occasion du cinquantième anniversaire de sa mort en 1968, ce projet propose une relecture sélective des œuvres du Kojève de la maturité autour de sept axes thématiques: le droit, le pouvoir, l’économie, l’histoire, l’esthétique,  la psychanalyse et, finalement, la science.

Dans le but de rendre hommage aux travaux de cet intellectuel éclectique et versatile qui a traversé plusieurs domaines de la connaissance, cette recherche trouve son point de départ dans le constat de la disparition de Kojève de la scène philosophique et académique contemporaine.

Après les célèbres leçons sur la Phénoménologie de l’esprit livrées à l’École pratique des hautes études dans les années 1930, leçons qui ont inauguré un tournant crucial dans la réception française de Hegel et déterminé la renommée de Kojève au sein du débat philosophique de l’époque, il convient de relever un manque d’intérêt à l’égard de la pensée élaborée par le philosophe russe dans les décennies suivantes.

La publication des œuvres tardives de Kojève au cours des années 2000, notamment en France et en Italie (Kojève 2002 ; 2004a ; 2004b ; 2005 ; 2010a ; 2010b ; 2017a ; 2017b), n’a pas coïncidé, comme on aurait pu l’espérer, avec une véritable reprise des études kojèviennes à l’exception de quelques contributions significatives (Vegetti 2005 ; Filoni 2011 ; Lussy 2014 ; Pirotte 2015).

Ce constat va de pair avec deux autres remarques. En premier lieu, force est de déceler que Kojève a toujours été considéré surtout en tant que lecteur et interprète de Hegel et que l’attention portée à sa pensée, indépendamment de son commentaire à la Phénoménologie hégélienne, n’a pas encore fait l’objet d’une mise en perspective cohérente. Par ailleurs, et comme le remarque Jean-François Kérvégan, « l’image convenue d’un Kojève commentateur subtil et imprudent de la Phénoménologie de l’esprit a longtemps masqué l’audace et la profonde originalité » de toute son œuvre.

 

A l’encontre de cette tradition, ce projet ne vise à aborder que les textes kojèviens de la maturité qui demeurent très peu débattus. Il s’agira ainsi de se pencher sur les écrits rédigés par Kojève au cours de l’Après-guerre, au moment où il commence à travailler en tant que conseiller au service du Ministère de l’Economie et des Finances et lorsque son regard s’éloigne de Hegel pour se tourner vers les enjeux du temps présent. Par voie de conséquence, on s’intéressera particulièrement à analyser les transformations qui traversent sa manière de concevoir la philosophie ainsi que le rapport de sa philosophie à d’autres objets de réflexion tels que le droit, le pouvoir, le futur de l’Europe, le nouvel ordre mondial, l’esthétique, le cours de l’histoire et les tâches de la spéculation.

Le propos de cette recherche est d’aborder la philosophie de Kojève sous le prisme de son lien avec l’actualité de son temps. Cela étant, saisir la pensée de Kojève au-delà de Hegel permettra au séminaire de s’adresser à un public plus vaste que le cercle des spécialistes hégéliens ainsi que de présenter le travail intellectuel de ce penseur, « classique méconnu » comme l’observe Marco Filoni, sous un nouveau jour : au lieu de considérer Kojève uniquement en tant que commentateur de l’histoire de la philosophie, il s’agira de mettre en valeur sa réflexion originale qui se dessine face aux événements de l’époque, qui dépasse les frontières des disciplines et qui se développe à travers un dialogue continu avec ses contemporains, de Schmitt à Weil, de Kandinsky à Strauss.

 

Le projet vise également à développer et à compléter une recherche en cours d’élaboration portant sur des écrits inédits du Kojève de la maturité, en vue d’une prochaine publication. Il s’agit notamment de manuscrits archivés dans le « Fonds Kojève » auprès de la Bibliothèque nationale de France (Site Richelieu) qui pourront ainsi faire l’objet d’une discussion publique. 

 

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Bibliographie

 Principales études critiques (re)publiées après 2000

Auffret D. (1990, 2002), Alexandre Kojève. La philosophie, l’État, la fin de l’Histoire, Grasset, Paris.

Barberis G. (2003), Il regno della libertà : diritto, politica e storia nel pensiero di Alexandre Kojève, Liguori, Napoli.

Bibard L. (2005), La sagesse et le féminin. Science, politique et religion selon Kojève et Strauss, L’Harmattan, Paris.

Bibard L. (2016), Kojève, l’homme qui voulait tout savoir, Lemieux éditeur, Paris.

Burns T. & Frost B-P. (2016), Philosophy, history and tyrannie, University of New York Press.

Filoni M. (2011), Le philosophe du dimanche. La vie et l’œuvre d’Alexandre Kojève, Gallimard, Paris.

Kervégan J.-F., Storme T. (2017), dir., «  Alexandre Kojève face à Carl Schmitt », Philosophie, n.135, Les Éditions de Minuit.

Lussy F. (2014), dir., Hommage à Alexandre Kojève, Bibliothèque nationale de France, Paris.

Preparata G. (2007), The Ideology of Tyranny, Palgrave Macmillan, Basingstoke.

Pirotte D. (2015), Alexandre Kojève. Un système anthropologique, Puf, Paris.

Vegetti M. (2005), Hegel e i confini dell’Occidente, Bibliopolis, Napoli.

 

Textes de A. Kojève publiés (en français et en italien) après 2000

Kojève A. (2002), Les peintures concrètes de Kandinsky, La lettre volée, Bruxelles.

Kojève A. (2004a), La notion d’autorité, Gallimard, Paris.

Kojève A (2004b), Il silenzio della tirannide, Adelphi, Milano.

Kojève (2005), Introduzione al sistema del sapere: il concetto e il tempo, Neri Pozza, Vicenza.

Kojève A. (2010a), Sulla tirannide, Adelphi, Milano.

Kojève A. (2010b), Identité et réalité dans le “Dictionnaire” de Pierre Bayle, Gallimard, Paris.

Kojève A. (2017a), « Le colonialisme dans une perspective européenne », Philosophie, n.135, Les Éditions de Minuit.

Kojève A. (2017b), « Correspondance Alexandre Kojève/Carl Schmitt », Philosophie, n.135, Les Éditions de Minuit.

 Manuscrits inédits de A. Kojève

Kojève A. (1962) « Qu’est ce que la dialectique ? », Fonds Kojève, Bibliothèque Nationale de France, Site Richelieu, Paris (57 pages manuscrites).

Kojève A. (1965) « Structure et Histoire de la philosophie », Fonds Kojève, Bibliothèque Nationale de France, Site Richelieu, Paris (58 pages manuscrites).

Exposition 

Groys B. (2013), Après l’histoire : Alexandre Kojève photographe, Palais de Tokyo, Paris.

 

 

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La crise des identités européennes: droits, économies, philosophies

Janvier – Juin 2019

Collège international de philosophie – Istituto italiano per gli studi filosofici

 

Si à partir de 1945, après avoir débuté sa carrière de conseiller diplomatique auprès des institutions économiques internationales, Kojève se transforme en « philosophe du dimanche », ses activités extra-philosophiques ainsi que ses multiples déplacements à travers les cinq continents (Groys 2013) ne l’éloignent guère de l’exercice de la spéculation et, au contraire, demeurent des sources vitales pour sa propre réflexion philosophique.

C’est ainsi que de façon programmatique, l’économie, le droit, la géopolitique se trouvent intégrées au sein de la méditation de Kojève qui, néanmoins, ne cesse pas d’entretenir en même temps un dialogue serré avec le système monumental de la pensée hégélienne et continue à s’interroger sur ce qu’est la philosophie, quelle est sa forme la plus adaptée à ses tâches contemporaines, quelle est l’histoire de la philosophie et quel est le rôle du philosophe à l’aube de la fin de l’histoire.

Afin d’approfondir la fécondité des pistes extra-philosophiques poursuivies philosophiquement par Kojève, le projet s’articulera en cinq séances dont chacune consacrée à une thématique spécifique qui sera abordée et débattue à partir d’une relecture de textes choisis parmi les écrits tardifs de Kojève. Par ailleurs, chaque relecture sera conduite à travers un dialogue/échange entre deux spécialistes du sujet, modéré par les responsables du séminaire.

D’une part, l’opération ainsi proposée de « relire Kojève » ne se veut aucunement apologétique. De l’autre, il ne s’agit pas d’un geste purement commémoratif dicté par la contingence de l’anniversaire de sa mort.

Une telle relecture critique aspire plutôt à discuter et interroger une pratique hétérodoxe de la philosophie qui oblige cette dernière non seulement à déborder ses limites disciplinaires, mais également à assumer sa vocation éminemment pratique pour être à la hauteur de son temps, en poursuivant sa fonction à la fois diagnostique et thérapeutique à l’égard des problèmes complexes du présent. Les méditations développées par Kojève à propos de nombreux sujets et savoirs non-philosophiques seront donc le point de départ pour réfléchir à la possibilité – ainsi qu’à la nécessité – de pratiquer la philosophie au-delà d’elle-même, tâche dont semblent dépendre le destin et le sens de la philosophie contemporaine.